Rédiger son manuscrit
Section issue du cours “Préparation au mémoire” de Nicolas Vannson, PhD
Au fil du temps, cette section manquait.
Comment créer un bon manuscrit et surtout quelles sont les règles à respecter afin d’avoir un travail académique de qualité ?
Tu auras ci-dessous une sorte de tuto sur la rédaction (le manuscrit) de ton mémoire.
Si besoin contacte-nous et on pourra t’aider avec grand plaisir.
Bon courage.
Bonne rédaction et bon mémoire.
ATTENTION AU PLAGIAT !!!
Le plagiat consiste à copier en partie ou en totalité une oeuvre sans cité l’auteur(trice) et est passible d’une amende de 150 000 euros et la perte du diplôme (Articles L335-2 et L335-3 (Code de la Propriété Intellectuelle) sanctions pour plagiat/contrefaçon)
C’est pourquoi dans chaque template se trouve à la page iii un engagement sur l’honneur de non-plagiat dont le modèle se trouve ci-dessous.
Je ne peux donc que vous invitez à réaliser votre propre mémoire pour éviter les sanctions mais surtout pour en être fier!
Engagement sur l’honneur de non-plagiat
Je soussignée ….. inscrit(e) à l’examen conduisant à la délivrance du diplôme d’État d’audioprothésiste, certifie sur l’honneur être pleinement conscient(e) que le plagiat de documents ou d’une partie d’un document publié sur toutes formes de supports, y compris électronique, constitue une violation des droits d’auteur ainsi qu’une fraude caractérisée (Articles L335-2 et L335-3 du Code de la propriété intellectuelle).
Je déclare être informée que dans le cas où un plagiat serait constaté dans un de mes travaux écrits, celui-ci conduirait à la nullité de l’examen et serait passible de sanctions pénales.
En conséquence, je m’engage à citer toutes les sources que j’ai utilisées pour produire et écrire ce document.
Fait à Cahors le XXXX,
Nom Prénom
Le nombre de pages n’est pas gageur de la qualité !
Il vaut mieux un mémoire cours et bien rédigé qu’un mémoire de trop long. Par exemple, Alexis Hee (2024) a été major de promo avec un mémoire de 30 pages (son mémoire se trouve ici).
Utilisez les templates déjà prévus !
Chaque année c’est la même chose, des étudiant(e)s reproduisent le template au-lieu de le télécharger. C’est dommage car c’est une grosse perte de temps! Et ceux qui le font, très souvent redoublent! MEMAU est là pour vous simplifiez la vie en vous permettant de vous focaliser sur ce qui compte : le contenu de votre mémoire. Pas le contenant ! Vous retrouverez plusieurs templates (google doc, .word, .odt, .latex) dans la section template.
La structure du manuscrit est IMRAD
La structure de l’écrit est le format IMRAD (Intro – Matériels & Méthode(s) – Résultats/analyses – Discussion). Cette structure sera détaillée plus bas dans cette page.
Bien citer vos références bibliographiques !
Votre mémoire se base sur des références bibliographiques (ou sources) qu’il est impératif de citer, et de bien citer. Vous pouvez vous aider de la page bibliographie pour cela.
Consignes de rédaction avant de rédiger
- Police du corps de texte : Times New Roman / Calibri
- Taille police : 11/12
- Interligne : 1,5
- Toutes les marges : 2,5 – 2,54 cm (style normal sous Word)
- Nombre de pages max (hors annexes) : 50 et 60 (avec annexes)
- Conseils rédactionnels :
- Intro : 4-5 pages
- Matériels & Méthodes : +/- 5 pages
- Résultats & Analyses: +/- 5 pages (mais pas limité)
- Discussion & conclusion : +/- 5 pages (mais pas limité)
- Nombre d’annexes : 7 – 10 pages (attention à bien anonymiser vos données)
- Nombre de figures : 10
- Nombres de caractères pour le titre : max 400
- Nombres de mots pour le résumé : 300
- Bibliographie : style VANCOUVER ou APA 7e édition
Structure complète du mémoire
Pour bien commencer, voici (ci-dessous, Fig. 1) la structure complète et attendue d’un manuscrit.
Cette structure s’applique indépendamment du nombre de page et de l’école d’audioprothèse. Il faut néanmoins faire attention au nombre de pages demandées (en fonction de chaque école).
Cette page abordera la structure IMRAD, pour les autres sections (en bleues sur la Fig. 1) elles pourront être facilement comprises en téléchargeant le template ou en visualisant un des exemples de mémoires.
Figure 1. Structure du manuscrit. La partie est noire est IMRAD , celle en bleue représente les pré-requis d’un document académique.
Que veut dire IMRAD ?
La structure du manuscrit reprend celle d’un article scientifique. Bien que certains journaux interchangent Matériels & Méthodes avec la discussion et les résultats, la structure IMRAD se décompose de la façon suivante :
- I pour Introduction
- M pour Matériels et Méthodes
- RA pour Résultats et Analyses. Souvent analyses est confondue avec la partie résultat
- D pour discussion.
Chaque partie va être détaillée ci-dessous afin de mieux t’ aider à appréhender la rédaction.
I pour Introduction
L’introduction joue un rôle essentiel : elle permet d’expliquer pourquoi le sujet de ton mémoire mérite d’être étudié.
Elle ne doit donc pas être rédigée à la légère.
Pour t’aider à construire une introduction cohérente et progressive, il est recommandé de suivre une structure en entonnoir (voir Fig. 2 et 3). Cette approche te guide du plus général au plus spécifique, jusqu’à l’énoncé précis de ta problématique et de tes hypothèses de recherche.
L’introduction se structure en 6 parties qui te seront détaillées plus bas.
Pour t’aider à bien réaliser ton introduction tu peux t’aider de l’exercice du bullet point.
Figure 2. Structure de l’introduction. On y retrouve les 6 parties de l’intro : le contexte général, le trou de la littérature, l’hypothèse, la question (ou problématique), le plan et potentiellement la ou les hypothèse(s).
L’introduction d’un mémoire doit suivre une progression logique qui conduit le lecteur du général au spécifique.
Elle se compose de six parties (Fig. 2) :
-
- le contexte général
- le trou de la littérature
- l’hypothèse issue de la recherche bibliographique,
- la problématique
- le plan
- et éventuellement la ou les hypothèse(s) de travail
Le contexte général permet au lecteur de comprendre dans quel cadre se place ton travail. Il doit être court, ciblé et pertinent. Par exemple, si ton mémoire porte sur la presbyacousie, il est inutile d’aligner des pages de statistiques mondiales. Une phrase mentionnant un chiffre clé concernant la presbyacousie en France suffit largement. L’objectif n’est pas de rédiger un chapitre encyclopédique, mais d’installer rapidement le décor scientifique et clinique.
Le trou de la littérature. Cette partie met en évidence ce qui manque dans les connaissances actuelles. C’est ici que tu indiques ce que la littérature dit, mais surtout ce qu’elle ne dit pas encore. Une transition du type « Cependant… », « Néanmoins… » ou « Pourtant… » permet d’introduire clairement une rupture entre le contexte général et le non‑exploré. C’est ce manque qui justifie l’existence de ton mémoire.
L’hypothèse issue de la recherche bibliographique. Après avoir analysé la littérature, tu peux formuler une ou plusieurs pistes que tu souhaites explorer. Il s’agit d’une hypothèse théorique, construite à partir des connaissances existantes. Elle sert de point de départ à la formulation de la problématique.
La problématique. Elle doit être claire et précise. Ce point est central, car la durée du mémoire est courte et qu’il est plus simple d’analyser en première instance une question principale avant d’avoir des questions secondaires. La réponse à la problématique sera donnée dans la conclusion.
Le plan indique brièvement la méthode qui sera utilisée afin de répondre à la problématique et permet de créer une logique avec la partie Matériels & Méthode. Cette dernière sera explicitée plus tard.
L’hypothèse de travail. En se basant sur ta propre revue de littérature, tu pourras émettre une ou plusieurs hypothèse(s) que sera(ont) testée(s) dans la partie Résultats et confirmée(s) ou infirmée(s) dans la Conclusion. Elle(s) donne(nt) une direction claire à ton étude et structurent l’analyse.
Afin d’illustrer ce propos, tu trouveras ci-dessous (Fig. 3) un exemple de rédaction de l’introduction. Attention cet exemple n’est pas assez rédiger (et manque de références bibliographiques) MAIS te donne la logique à adopter pour rédiger ton introduction.
Figure 3. Court exemple d’une introduction. Attention, ici il manque des références bibliographiques pour être complet.
Matériels et Méthodes
La partie Matériels et Méthodes est celle qui consiste à indiquer “la recette de cuisine” du mémoire.
Il faut être assez exhaustif (sans trop en mettre non plus) afin d’être le plus transparent possible avec le lecteur.
Cette section se compose de la manière suivante :
- Lieu
- Endroit où s’est déroulé vos tests ( centre auditif XX, laboratoire CNRS, …)
- Population
- Critères inclusions
- Critères exclusions
- Matériels
- Matériels audiologiques
- Casque TDH-39 / Haut-parleur XXX/ etc …
- Questionnaires (si besoin)
- 15iSSQ
- MMSE , etc …
- Appareils auditifs (ici le ou les appareils ainsi que les réglages)
- Autres section (description d’un software par exemple)
- Matériels audiologiques
- Méthodes
- Faire une figure qui résume le protocole et donner les explications du déroulé de votre protocole
- Analyses statistiques
- Il faut expliquer ici comment vous aller procéder pour vos stats. Cette section est très codifiée.
Exemple(s)
Matériels et Méthodes
(exemple tiré du mémoire d’Alexis Hee, au complet dans la section exemples. Tout le contenu de sa partie M&M ne sera pas détaillé au complet ici, mais seulement une partie suffisante afin de te rendre compte de ce qu’il est demandé)
Lieu d’étude
Cette étude s’est déroulée dans le centre Audition Santé Cornebarrieu.
Population
Critère d’inclusion
Pour la réalisation de cette étude, nous avons formé trois groupes de sujets. Un premier groupe était composé de sujets normo-entendants (PTA inférieure à 20 dB HL) de moins de 30ans. Le deuxième groupe était composé de sujets présentant une surdité de perception légère à moyenne de type presbyacousie. Les sujets malentendants étaient appareillés depuis au moins six mois pour les tests. Cela a permis d’éviter le biais d’habituation aux appareils auditifs (Brooks, 1996). Notre critère d’étude était la dégradation du rapport signal sur bruit induit par la déficience visuelle et non les performances en audiométrie vocale dans le bruit. C’est pourquoi tous les types et toutes les gammes d’appareils ont été acceptés pour cette étude. En ce qui concerne les réglages, ceux effectués par l’audioprothésiste avant le début de l’étude ont été conservés. Ces deux groupes étaient de 15 individus et n’étaient pas comparables en âge. Afin d’avoir une idée de l’effet de l’âge sur les résultats, nous avons étudié un troisième groupe. Le troisième groupe était composé de sujets âgés de plus de 50 ans, normo-entendants selon la norme ISO 7029 présentée en figure 3 (Wang & Puel, 2020) …
Critères d’exclusion
Les sujets ayant suivi un apprentissage de la lecture labiale ou présentant une surdité unilatérale ont été exclus de cette étude.
Matériels
Matériel audio
L’audiométrie tonale a été réalisée à l’aide d’un casque TDH 39. Cette audiométrie nous a permis de vérifier que le patient remplissait bien les critères d’inclusion de l’étude. Pour l’audiométrie vocale dans le bruit, nous avons utilisé un FraMatrix audiovisuel (Le Rhun et al., 2023). Il s’agit d’un test vocal avec un bruit de fond à niveau sonore fixe et une voix à niveau variant de manière adaptative (Jansen et al., 2012). Dans la présente étude, nous avons utilisé une procédure adaptative ayant pour but d’atteindre un seuil intelligibilité de 80 % (SRT 80) afin d’éviter l’effet plafond due à la version audio-visuelle. En effet, certains participants sont capables de comprendre plus de 50 % des mots en se basant uniquement sur la lecture labiale (Van de Rijt et al., 2019). Les phrases utilisées dans le FraMatrix ont toutes la même structure syntaxique : prénom – verbe – nombre – objet – couleur…
Matériel visuel
Le support visuel du FraMatrix audiovisuel est une femme qui a été filmée devant un fond vert en répétant la phrase qu’elle entendait grâce à un écouteur placé dans son oreille gauche. Lors de l’enregistrement, l’oratrice avait pour consigne d’avoir un visage neutre, sans exagération d’articulation, tout en gardant les yeux fixés et concentrés sur la caméra en évitant de cligner des yeux. Puis, l’image et le son ont été synchronisés de façon à ce qu’il n’y ai pas de décalage entre les deux canaux (Le Rhun et al., 2023) …
Méthodes
Dans un premier temps, nous avons réalisé l’audiométrie tonale du sujet afin de s’assurer qu’il rentre dans les critères d’inclusion. Nous avons ensuite réalisé une mesure d’acuité visuelle corrigée à 80 cm pour respecter les critères d’inclusion. Ces acuités visuelles ont été mesurées à l’aide d’une échelle logarithmique de vision de près. Il s’agit d’une échelle conçu de façon à ce que la progression de taille des lettres entre chaque ligne soit géométrique (Holladay, 2004) …
Analyse statistique
L’ensemble de l’analyse statistique a été réalisée sous JASP (version 0.18.0.0). La normalité des distributions au sein des différents groupes pour chaque déficience visuelle a été vérifiée grâce au test de Shapiro-Wilk. Le test de Student et l’Anova sont utilisés si la distribution est normale. Le test de Wilcoxon est utilisé si la distribution est anormale. Le seuil critique alpha est fixé à 0,05. Pour chaque groupe, nous avons réalisé une Anova afin de comparer les résultats obtenus au SRT80 dans chacune des conditions visuelles. Ensuite, pour chaque condition visuelle, nous avons effectué un test de Student afin d’évaluer la significativité statistique de la dégradation observée par rapport au score obtenu avec une acuité visuelle de 10/10. Nous avons ensuite réaliser des test post-hoc avec la correction de Holm afin d’étudier plus en détail les interattractions entre les différents groupes et les différentes conditions.
Résultats
« Une image vaut mille mots » : c’est pourquoi ton mémoire pourrait presque se raconter uniquement à travers de belles figures. Il ne faut surtout pas les sous‑estimer.
La réalisation d’une figure claire, lisible et pertinente demande souvent beaucoup de temps, mais cet investissement est essentiel pour renforcer la compréhension de ton travail. Tu trouveras ci‑dessous (Fig. 4 et Fig. 5) un exemple de figure attendue, accompagnée des explications nécessaires pour bien comprendre ce qui est demandé.
Figure 4. Exemple d’une figure demandée pour le manuscrit.
Voici un modèle d’exemple de figure pour le manuscrit. Pour l’oral, tu peux reprendre cette figure sans la légende!
La figure ci-dessus (Fig. 4) illustre un exemple de figure attendue, construite ici à partir de données simulées. Il ne s’agit évidemment pas du seul type de représentation possible (comme une simple comparaison A vs B), mais cet exemple reprend tous les codes essentiels d’une figure bien construite. Vous pouvez vous en inspirer pour réaliser votre ou vos propres figures.
Figure 5. Détails d’une figure demandée.
Une figure complète (Fig. 5) doit contenir le titre des axes (ici SRT), une légende concernant les couleurs de la figure (ici rouge et vert), une info pour les stats ( ici ***) pour indiquer le niveau de signifiance. NS signifie non-significatif et pour siplifier la figure lorsqu’il y a beacuoup de choses, Il vaut mieux ne rien mettre que mettre NS. Pour finir , une légende avec un titre à la figure ( Figure 1. XXXX. explications en non gras).
exemples de belles figures
exemple(s) de figure(s) illisible(s)
rédiger sa partie résultat
Afin de bien rédiger sa partie, il faut y intégrer le résultat des stats (quand il y en a) dans cette section. Il existe plusieurs façon de rédiger. Le mieux consiste à écrire en bon français en ajoutant les mots : significatif ou non significatif et en plaçant les valeurs complètes du ou des tests statistiques.
Voici un exemple tiré de données simulées de la figure 4 :
“Les scores SRT des UHL (Figure 4) sont significativement (T11,96 = 10,77 ; p<0,001) dégradés par rapports à ceux des NE.”
Il ne faut pas en dire plus, l’interprétation se fera dans la partie discussion.
Discussion
La partie discussion est la plus délicate car il faut élargir sa vision afin de confronter ses propres données à la littérature.
Voici ici une explication de la manière de bien la rédiger.
La discussion débute par un petit paragraphe qui rappelle la problématique ainsi que le ou les résultats majeurs retrouvé(s) en partie discussion. Ce petit paragraphe de rappel est indispensable pour aider le lecteur à bien suivre le fil de ton mémoire.
Ensuite la stratégie de rédaction consiste à respecter la même trame que celle de la partie résultats en reprenant le résultat majeur d’une figure et en comparant ton résultat à la littérature (celle que tu as déjà utilisée en introduction). Si tu as bien fait ton travail bibliographique, tu compares tes résultats à ce que tu connais déjà.
Si l’on reprend l’exemple simulée de la figure 4 : “Les scores SRT des UHL (Figure 4) sont significativement dégradés par rapports à ceux des NE ce qui s’explique par une perte de l’audition binaurale chez des sujets ayant qu’une oreille fonctionnelle sur deux (Slaterry et Middlebrooks,1994). En effet, une seule oreille ne permet pas d’avoir les inputs sensoriels nécessaire …”
Conclusion pour un travail académique
Dans un document académique à l’instar du mémoire, la conclusion est indispensable. Elle a pour rôle de répondre clairement à la problématique formulée dans l’introduction et de donner une cohérence globale à l’ensemble du travail.
La conclusion se structure de la sorte :
-
- Un bref rappel de la problématique / thématique
- La réponse à la problématique la validation ou invalidation des hypothèses
- Une ouverture , une phrase / paragraphe afin d’inscrire son projet de mémoire dans un cadre global ( ici le métier d’audioprothésiste). Cela permet de donner des pistes pour des futurs mémoires ou bien des indications cliniques pour les audioprothésistes.
- Un bref rappel de la problématique / thématique